-- Bienvenue __ Welcome __ Bienvenida __ Benvenuto __ Willkommen--

-- Bienvenue __ Welcome __ Bienvenida __ Benvenuto __ Willkommen--
Prologue



« As-tu été heureux ces derniers jours ? me questionna l'ange dans un murmure inaudible. »

Son souffle paniqué résonnait dans le creux de mon oreille, alors que son haleine enivrante était un pur supplice pour mes lèvres désireuses.

« Plus que jamais aupa-, lui susurrai-je amoureusement. »

Je ne pus continuer mes délicats aveux destinés à le rassurer, car la fourche glaciale du diable me lécha durement le cou. D'instinct, même si c'était moi qui avait un revolver enfoncé dans la chair, je resserrai l'étau inébranlable de mes bras dans l'espoir d'écarter l'enfant de tout malheur. Un gémissement aigu lui échappa alors, et le vilain démon étira sa frimousse victorieuse dans un rictus :

« Je le tuerai, de toute façon.
- Alors je le suivrai. Là. Maintenant. »


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# Posté le mercredi 25 février 2009 19:11

Modifié le dimanche 12 avril 2009 12:32

Chapitre I. L'ultime Zeitung von Berlin

Chapitre I. L'ultime  Zeitung von Berlin


L'avion se posa au sol dans un vacarme métallique. Étonnamment, il fut plus délicat que le sous entendait son bruit. Tant mieux, je n'avais pas à rassurer mon meilleur ami, Andy, que l'on atterrirait dans d'excellentes conditions.
J'humais l'air d'Allemagne avec un plaisir que je n'aurai jamais soupçonné. Lui, ne brûlait pas les poumons avec violence. Lui, était si familier qu'il en devenait rassurant. Lui, m'envoyait immédiatement la plus douce vision qu'il soit ... Son visage. Même s'il m'avait hanté durant tout mon séjour en Australie – merveilleuse contrée que voilà – sa présence était renforcée par le retour au pays. Dans une bonne poignée de minutes, je le retrouverai. C'en était de trop. Une trop longue attente pour un c½ur aussi impatient que le mien. Plongeant ma main dans ma poche, j'en retirai mon portable sous le regard éclairé de Gustav :

« Merde oui bonne idée !
- Lylla va me tuer ..., murmura Andy en se précipitant dans son sac »

Et voilà qu'on était tous planté dans le hall de l'aéroport avec nos mobiles collé à nos oreilles. Sauf Georg, il n'avait plus de batterie le pauvre ...
Nous étions tous En couple –. Gustav avait fait la connaissance de sa future en premier, et, même si avant je me moquais de leur regards langoureux débordants de sentiments, je n'osais plus à présent. Une fois qu'on y a gouté, on ne désire plus s'en séparer... Oui, je suis amoureux, amoureux de la voix qui résonne à l'autre bout du fil :

« Pas là. Pas là. Pas là ... Tant pis pour toi ! Laisse-moi tes pensées, je les écouterai à mon retour ! »

Ce n'était que le répondeur. Et même s'il apportait à mon muscle cardiaque une accélération notable, la réalité restait sans doute la meilleure chose qu'il puisse m'arriver. Cependant, je me questionnais ... Depuis hier soir, on ne m'offrait même pas les tonalités. Directement, son annonce vocale m'accueillait avec une joie de vivre déconcertante. Il devait encore avoir cassé – ou perdu – son téléphone.
Il changeait de mobile à des intervalles réguliers de deux semaines. Maladroite et tête en l'air, il ne parvenait pas à leur assurer une longévité digne de ce nom. Ce qui avait pour conséquence qu'il prenait constamment un nouveau numéro, et que j'avais une bonne vingtaine de Bill dans mon répertoire, tous avec des surnoms différents pour ne pas m'emmêler. Le dernier en date était « Celui que j'aimerai éternellement ».
J'avoue, j'aurai pu trouver mieux, mais j'avais épuisé mes stocks de surnoms affectueux – accessoirement débiles - après l'avoir nommé « Billy » « Billou » « Billounette » ... Il n'empêchait que j'étais inquiet.

Andy était le garçon qui me connaissait le mieux, qui connaissait le Tom amoureux pourrait-on dire. Ainsi, il devina parfaitement que quelque chose me tracassait quand il entrevit mes iris chocolat dénués d'éclat :

« Hey Tomichou, Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Je ... c'est Bill, avouai-je facilement. Me confier à lui était la chose la plus évidente à mes yeux.
- T'as pu le joindre ?
- Négatif.
- On parie combien qu'il à encore perdu son portable ?
- Mouais ..., soufflai-je, même si sa remarque m'arracha un sourire.
- Non moi je dis qu'il se l'est fait volé cette fois ! déclara Georg en s'immisçant dans notre conversation. »

Ils étaient chers à mon c½ur, à mon être. Indispensable à ma vie, tous autant que les autres. Sans eux, mes amis, je ne serai pas le gars bien que je suis devenu ... Enfin, je ne suis pas si sûr d'être bien. J'étais trop pensif.
Soudain Andy, brusque, me colla une gigantesque claque dans le dos accompagné de son rire de phoque – vraiment hilarant :

« - Allez Mec, sourit un peu, tu vas pouvoir lui montrer ton super bronzage revenu du pays des kangourous !
- Ah ouais ! acquiesçai-je immédiatement, certaine qu'il serait vert de jalousie. Bon Andy t'arrête d'être pensif là faut y aller ! »

Je traçai alors – et les laissais porter les valises. Après avoir franchis les portes coulissantes, les doigts frais de l'astre solaire caressèrent ma peau brunie par mon séjour. Quelle agréable sensation, comparable au touché d'un ange. Un ange que j'avais connu il y a une demi-douzaine de mois de cela.
C'était incroyable comme chaque détail de la nature me renvoyait à Lui. Ça en devenait presque malsain, car, je m'oubliais complètement et me contentais de le rendre heureux. Et voilà, mon esprit était obnubilé par cet éclat grandiose, mon amoureux, qui avait relancé mon existence.

Le soleil, aussi feignant que moi, grimpait difficilement au sommet de la voute pâle. Les rues de la capitale n'étaient pas très alimentées en présence, ce qui nous contentait amplement. Les Tokio Hotel était connus, nous avions du mal à passer inaperçu quand nous croisions des jeunes filles aux hormones actives. Le bruit sourd d'une valise trainée au sol m'alerta de l'arrivée de mes amis, et c'est avec une lenteur exagérée – je faisais tout pour les frustrer – que je me dirigeais vers l'auto grise au vitre fumées, pour m'allonger sur la banquette arrière.

C'était sans compter sur cette intervention. Elle brisa ma vie.
Il y a un journal, Zeitung von Berlin, qui est distribué gratuitement dans les allées de Berlin. Il n'est pas très fameux, mais c'est grâce à ce papier gris que nous nous sommes adressé la parole Bill et moi. Où plutôt on s'écrivait par l'intermédiaire du journal ... Qu'elle ironie. Qu'elle ironie !
On me le plaqua contre le torse d'un geste violent. Je me stoppai net. J'aurai pu le laisser tomber, chuter disgracieusement sur le sol anormalement propre de l'allée pavée. J'aurai pu passer mon chemin et redécouvrir « celui que j'aimerai éternellement », mais la pitié empreinte sur le visage tout entier de l'employé m'en dissuada. J'empoignais fermement l'amas de feuilles ternes, et entendit l'ultime mouvement de mon c½ur.

# Posté le mardi 03 mars 2009 14:42

Modifié le dimanche 12 avril 2009 12:32

Chapitre I. L'ultime Zeitung von Berlin .

Chapitre I. L'ultime Zeitung von Berlin .
Zeitung von Berlin...
Er ist tot !



Notre c½ur nous démange, pique, brûle et hurle de douleur. Qui ne connaissait pas l'adorable Bill Trümper, l'enfant des allemand ? Qui ne connaissait pas son visage candide, qui apparaissait régulièrement sur nos écrans de télévision ?
Il est mort cette nuit, tué par un incendie élu à son domicile aux alentours de 10h du soir. De pauvres flammes perdues qui n'ont rien trouvé de mieux à faire que de nous arracher ce jeune homme de 19 belles années, ravageant notre c½ur en chemin.

« La déflagration a été tellement puissante qu'il n'a pas souffert longtemps », nous confirme le médecin légiste au bord des larmes. Il était son ami. « Les os calcinés que nous avons retrouvés correspondent... » furent les dernier mots qu'il nous adressa.

Nous l'aimions, notre présentateur vedette. Nous l'aimerons toujours. Sa relation avec Tom kaulitz( ndlr. Guitariste des Tokio Hotel ) parcourait les tabloïds, et leur amour semblait tellement parfait et enivrant que nous nous réjouissions pour eux. Voici un c½ur qui sera torturé p
lus puissamment que n'importe qui d'autre ...

Sa mort laissera des balafres dans nos esprits, et il ne quittera jamais nos pensées. Toute la rédaction se joint à ma plume pour adresser nos plus sincères condoléances à ses proches.




En page 18, un article retraçant le magnifique parcours de Bill, présentateur modèle, charmant et pétillant.

Retrouvez en exclusivité sur RTL un hommage exclusif pour l'incroyable Bill, qui à charmé l'Allemagne et son meilleur Guitariste, à 9:00.


# Posté le samedi 14 mars 2009 09:32

Modifié le dimanche 12 avril 2009 12:33

Chapitre I. L'ultime Zeitung von Berlin

 Chapitre I. L'ultime Zeitung von Berlin
Ma main enserra violemment le papier grisâtre.
Je n'aurai jamais cru que mon c½ur atteindrait la fin de son existence si rapidement. En quelques brèves secondes, les battements étaient devenus fous, s'emmêlant, trébuchant douloureusement les uns sur les autres, l'épuisant. Tous faisaient mal. Mon muscle était telle une vieille machine à présent. Il n'enrailla, hachant mon souffle. Les cliquetis mécaniques de ses ratés, à défaut d'être sonores, griffaient chacune de mes respirations avec une force de fer. Ce morceau de métal, bien trop lourd dans ma poitrine, tenta de détruire le reste de mon corps en glissant dans mes entrailles. Sa mission s'avéra fructueuse puisque une douleur lancinante envahit l'intégralité de mon torse. Un mélange explosif de feu et de coups. Pas de coups de poings, mais de coups de matraque métallique.
Puis mon c½ur – pouvais-je encore l'appeler comme ça ? – chuta. Effectuant une pression abominable sur mon esprit, mes muscles flanchèrent. Je titubai sur place à présent, alors que ma vue se brouillait par moment, et ma respiration heurté ne me divulguait pas assez d'air pour garder la tête froide. J'avais très, très mal.

Quelqu'un sembla s'apercevoir que le monde ne tournait plus pour moi, car ils me fixèrent tous avec intensité. Qui étaient-ce ? Je n'aurai pu donner de réponse sûre, ils m'indifféraient comparé à LUI.

« Tom ? » s'enquit une voix rauque et ordinairement joyeuse.

Malgré le fouillis morbide de mon esprit, je reconnus aisément Andy. Une pointe d'inquiétude dominait l'unique mot qu'il m'avait adressé. La mâchoire serrée et le c½ur mort, je n'osais agir, bouger ou tout simplement penser. Toutes ces actions futiles m'étaient bien trop compliquées, et par-dessus tout, douloureuse. Mes yeux se fermèrent de force, bien que je tenais encore debout.
Je ne sais pas combien de temps s'écoula avant qu'on ne s'empare de l'objet maudit qui trônait dans mes paumes – je n'avais plus le sens des réalités. Mais on me l'enleva avec une douceur destiné à ne pas me brusquer, moi, grand fou raide au milieu d'un trottoir. Et pourtant, un gémissement secoua mes tympans. Une plainte, suraigüe et atrocement torturée. La personne qui venait d'émettre cet appel de détresse devait sûrement être brisée. Je mis quelques instants à comprendre que cette tristesse s'était échappée de mes propres lèvres :

« Tom ! » s'écria la même personne que précédemment en m'étreignant solidement.

La masse corporelle qui m'avait heurté de plein fouet enroula ses bras autour de moi, redoublant l'intensité de son étreinte. C'était Andy, une nouvelle fois, qui avait parfaitement deviné que j'allais m'écrouler d'une seconde à l'autre. Il m'offrit son épaule, dans les deux sens du terme. Ma joue trouva appui contre son cou, mon menton glissant sur ses omoplates. Je savais qu'il était monstrueusement affecté par cette perte. Qui n'aimait pas Bi ... Son prénom torturera à jamais mon âme. Mais j'avais conscience aussi que lui, ce grand homme, ne pleurerait pas. Quelqu'un devait garder la tête haute pour les autres. Quelqu'un devait m'aider ... C'est pour ça que je ne retins pas les larmes qui jaillirent de mes prunelles souffrantes.

Je me moquais de la foule ténébreuse qui nous avait envahit. Je me moquais de ces mots emplis de pitié qu'on m'adressait, tandis que les bras d'un ami empêchaient mon c½ur de s'arracher à mes côtes. Et je me moquais encore plus des flashes aveuglant qui redoublaient d'intensités lorsqu'une ribambelle de larmes torturait mon regard.

« ÇA SUFFIT ! », s'emporta un autre de mes proches.

Georg fonça droit dans la foule qui s'était agglutinée autour de l'auto grise. Les fourmis ne se dispersèrent pas pour autant. Il s'agita, s'énerva au point que ses paroles en devinrent menaçantes. Il devait souffrir aussi. Dans son élan colérique, il manqua de gifler une pauvre fanatique qui brandissait négligemment un appareil photo, avide de curiosité.

« Andy, fais le monter », ordonna-t-il une fois que toute présence était écartée.

Ses tremblements dû à la panique n'arrangèrent rien à sa maladresse habituelle. Voulant me précipiter à l'intérieur pour ma sécurité, ma tête heurta avec violence le toit de la voiture.
L'espace d'un instant, la lumière s'éteignit. Mon ouïe cessa de capter les sonorités. Je stoppais mes poumons. Étrangement, une vague apaisant s'engouffra dans mon corps. Alors comme ça j'étais mieux lorsque j'arrêtais de fonctionner, lorsque j'arrêtais de vivre ? C'était sûr, et cette étrange impression de répits allait me faire méditer ...

« ANDY BON SANG ! Fais attention !, entendis-je crier quand mon esprit revenait à la réalité.
- Désolé Désolé ... Excuse moi Tom »

Aucune réaction ne se fit voir ou entendre venant de moi. J'étais inerte.
Le bruit sourd du moteur me signala qu'ils s'étaient tous installés et que je rentrais enfin à la maison. Une fois seul, je méditerai sur l'unique solution qui se présentait à moi. Alors qu'un silence pesant aurait dû s'installer, me permettant ainsi de sombrer dans les méandres du deuil, Gustav me parla.

« Hum ... Tom. Tu sais quoi, on va tous allez chez moi là. Tu resteras aussi quelques jours tu vois ... »

Sa voix tremblotait. Il était facile de deviner que des sanglots enfouis le menaçaient à chaque parole. C'était touchant de ne pas être le seul en piteux état. Et c'était agaçant de ne pas mettre mes envies à exécution. Etais-je assez égoïste pour ... ça ? Mon regard tomba. Tomba sur le Zeitung von Berlin qui avait la photo d'un ange en première page. Je m'en emparais sous le regard de Andy qui m'enlaçait toujours, et couva du regard cette magnifique photo ... Ma gorge se serra. Un souffle glissa de ma bouche tant le regarder était éprouvant.

« Euh Gus' ... Je crois pas que ce soit une bonne idée. Tom a peut être envie d'être seul ... pour réfléchir ... se reposer, contesta Andy.
- Non Andy, tu comprends pas ... vaut vraiment mieux qu'il vienne, s'obstina le conducteur qui n'était autre que Gustav.
- Pourquoi ?
- Dans des situations comme ça Andy ... Il arrive que ... de mauvaises idées nous passent par la tête. »

J'écoutais la conversation d'un air absent.

« - Quoi comme idées ? se questionna le grand Blond.
- Eh bien ... quand on ...perd quelqu'un ... on veut la ... rejoindre. »

Gustav avait vraiment du mal avec les mots aujourd'hui. Il craignait sûrement que ses larmes n'entrainent la chute de toutes les autres.
Je sentis Andy se raidir à la phrase menaçante de mon ami. Son regard papillonna dans ma direction, mais je fixais toujours la photographie, le visage fermé.

« - Tu ferais pas ça Tom ?! », s'effraya Andy dans une angoisse surprenante.

Je ne répondis pas.

# Posté le samedi 14 mars 2009 10:07

Modifié le dimanche 12 avril 2009 12:33

Chapitre II. Encore des larmes...

Chapitre II.  Encore des larmes...
L'article de journal dans une main, un couteau dans l'autre, je ferme les yeux et laisse les larmes rouler le long de mes joues. Deux heures. Deux heures que je pleurs assis dans la baignoire en sous-vêtements. Deux heures que Gustav fait de vas et viens tout les 2minutes pour me demander si je vais bien. Deux heures que les 12 mois passés avec lui défile sous mes yeux. Je n'en peux plus. Je n'ai plus envie de continuer. Mes veines ressortent sur mon bras, sous la lumière bleutée des néons. L'envie d'en finir est toujours plus forte, toujours plus présente. Qu'est-ce qui m'en empêche? Mais chaque fois que j'approche la lame de mon poignet, ses yeux en amande se gravent dans mon esprit aussi nets que s'il était là et qu'il m'observait. Ils me hantent. Lui et ses sourires, sa bonne humeur, et surtout sa capacité à me faire oublier. Et lui, mon amour, qui m'a abandonné pour rejoindre les anges. Je lis une fois encore l'article en étouffant un cri de douleur dès que son nom apparait.



Je décide enfin de sortir de cette baignoire. Je m'enroule dans un peignoir et sors de la salle de bain. Tout me parait trop grand ici. Les plafonds à plus de deux mètres cinquante, le dressing gigantesque.La salle de bain est comparable au dressing, démesurée. La baignoire, le lavabos et les armoires sont ornés de fins pochoirs en feuille d'or, alors que des linges bleu ciel trônent sur une table en marbre blanc, à côté de laquelle se dresse un miroir en pied, surmonté de bois sculpté. Je ferme la porte de la salle de bain en secouant la tête et mon regard se pose sur la petite boite qui trône sur le lit deux places à baldaquins, recouvert d'un épais couvre-lit en soi.. Je soupire et m'allonge sur le lit, passant mes mains derrière ma tête je ferme les yeux. Tout est semblable à chez moi, ce qui devrait me rassurer. Pourtant, une impression de vide s'empare de moi. Comme si j'étais seul, perdu et inutile. Pire qu'une carpe, qu'un bout de chewing-gum crasseux collé sous une chaise au fond d'une salle de cours, qu'une abysse sombre et profonde dont on a peur et qui pourtant nous aspire, inexorablement.


Pourquoi es-tu parti?


Quelques minutes plus tard, Gustav pénètre dans ma chambre et vient s'allonger à côté de moi. J'enfouis mon visage dans son cou et passe mes bras autour de son buste, alors qu'il m'enlace doucement. Nous restons ainsi, immobiles avec comme berceuse le bruit de nos respirations. Sans le vouloir, mes pensées se dirigent à nouveau vers lui, mon ange. La chaleur de son corps lorsqu'il me prenait dans ses bras et qu'il déposait quelques baisers dans mon cou, avant de resserrer brusquement son étreinte et de me couper le souffle, puis il me relâchait en riant alors que je jurais. Il se penchait alors et me murmurait à l'oreille qu'il m'aimait. Et finalement il s'éloignait en me donnant une légère tape sur l'arrière du crâne, tout en s'esclaffant bruyamment.

Une envie soudaine de pleurer s'empare de moi et je me colle encore plus contre Gustav, si une telle chose est possible. Je le revois qui sautille partout en tapant dans ces mains tel un enfant qui s'extasie devant une onde des sucreries a chaque fois que je lui faisais écouter mes nouveaux composition. Mes yeux me brûlent mais je me contente de serrer les dents. Pas devant Gustav. Pas encore. Et surtout pas ici. Je repousse Gustav et me redresse, avant de secouer la tête et de poser mon regard sur le mur immaculé. Je sens Gustav se lever, puis il s'en va, me laissant seul. Surement trop fatigué par mes pleurs. Je soupire et plonge mon visage entre mes mains. Comment fait-il pour supporter ça? Supporter de ne plus pouvoir le sentir, le toucher, ne plus voir ses yeux s'illuminer, ses grimaces lorsqu'il n'était pas content, ses blagues pas drôles mais qui nous faisaient quand même rire... Tant de petites choses qui faisait que pour rien au monde je n'aurais voulus de quelqu'un d'autre pour amant. Trois coups légers contre la porte me font sursauter et je crie un "Entrez" bruyant.

# Posté le mercredi 18 mars 2009 08:26

Modifié le dimanche 12 avril 2009 13:03